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Vendée Globe : J-3 jours : Six petits milles et puis s'en vont
le 4 Novembre 2004
 
VIRBAC-PAPREC / SKIPPER : JEAN-PIERRE DICK (FRA)
- Les 20 concurrents entameront dimanche leur tour du monde par un petit parcours côtier pour un dernier au revoir au public.
- Fermeture des pontons au public vendredi soir mais le village reste ouvert tout le week-end.
- Bruce Schwab (Ocean Planet) a reçu ses voiles et obtenu une dérogation pour sortir en mer jusqu'à samedi
- Un aventurier aux côtés d'Anne Liardet : Mike Horn, de retour de son expédition polaire, vient soutenir le skipper de Roxy.

 
Parcours côtier au départ
Les vingt solitaires de ce 5e Vendée Globe effectueront un petit parcours côtier d'environ six milles le long des plages des Sables d'Olonne. Le départ sera donné dans le sud de la Nouch, la bouée qui marque la sortie du chenal, à 13h02, après une procédure de départ de huit minutes. Si le vent de nord-est se maintient les concurrents viendront virer deux bouées le long des côtes sablaises. Le sens du parcours n'a pas encore été déterminé. A priori, les bateaux remonteraient au près tribord amure jusqu'à une bouée proche de la Nouch. Une fois cette bouée virée, ils longeraient ensuite les plages des Sables à moins de deux milles de la côte jusqu'à une autre bouée devant Port Bourgenay, avant de mettre le cap au large. Les meilleurs points de vue à terre se trouveront donc à toutes les pointes rocheuses - plutôt élevées - entre les Sables et Port Bourgenay.

Dernière journée vendredi pour approcher les bateaux
Ce week-end, les pontons du Vendée Globe seront fermés au public mais le village restera ouvert. Seuls les journalistes et les équipes à terre de chaque bateau auront le droit d'arpenter samedi et dimanche les pontons de 260 mètres de long qui ont déjà accueilli plus de 240 000 visiteurs. Le public n'a donc plus qu'une journée, vendredi, pour approcher les vingt monocoques qui s'élanceront à l'assaut des mers du sud dimanche à 13h02.

Dérogation pour Bruce Schwab
C'est à une véritable course contre la montre que se livre l'américain Bruce Schwab pour être au départ dimanche dans un état de préparation acceptable. Une grande partie de son jeu de voile neuf, réalisé dans une voilerie du Maine (USA), n'a été « libéré » par les Douanes que mercredi après-midi. 14 personnes ont par conséquent travaillé jusqu'au petit matin pour permettre au skipper/guitariste de sortir aujourd'hui pour une première navigation de réglage. La grand-voile en cuben fiber doit encore être marquée, ainsi que le gennaker et le nouveau grand spi. Soutenu par de nombreux professionnels du nautisme sablais, Bruce garde bon moral. Une dernière inquiétude à régler cependant : la livraison de ses panneaux solaires espérés pour demain vendredi. Ocean Planet a obtenu de la direction de course une dérogation pour sortir effectuer des essais en mer jusqu'à samedi, veille du jour J.

Mike Horn aux Sables d'Olonne
Le célèbre sportif aventurier Mike Horn qui revient tout juste de son expédition Arktos, le tour du cercle polaire Arctique, sera aux côtés d'Anne Liardet (Roxy) samedi prochain. Une visite en guise de baptême, même si le bateau d'Anne mis à l'eau en 1989 « a déjà été baptisé plusieurs fois ». Quoiqu'il en soit c'est un grand moment que d'avoir Mike ici aux Sables d'Olonne. Il faut rappeler que Mike est un personnage hors du commun et qu'il n'utilise aucun moyen de transport mécanisé dans ses aventures mais des skis, du kayak, des cerfs-volants, des voiliers, des vélos... Ses dernières aventures ont été assez incroyables puisqu'il a fait le tour du globe en suivant l'Equateur ou encore la traversée du continent sud-américain d'est en ouest à pieds.


Ils ont dit :

Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) : « A trois jours du départ, je suis un peu excité. C'est le début de la course. C'est d'ailleurs difficile de gérer l'excitation due au départ. Pouvoir dormir, se relaxer. Mais aussi profiter de l'extraordinaire moment que cela représente. C'est le résultat de trois ans de travail et quelques fois de traversée du désert pour arriver jusqu'ici. »

Hervé Laurent (UUDS) : « Je crois que les skippers qui ont effectué la précédente édition se font une fausse idée de ces endroits (les mers du sud, ndlr). J'entends encore le grondement des vagues qui viennent exploser sur le bateau (lors de l'édition 96, ndlr). Il faut savoir gérer le bateau, mais aussi le bonhomme ».

Mike Golding (Ecover) : « Je suis arrivé ici avec tout à bord, même la nourriture. J'ai l'intention dans cette course de rester au contact avec les autres le plus possible. Si je suis 200 milles derrière le premier au Cap Horn, je serais très content. »
Sujet magazine : La sécurité
S'il est un mot qui revient en leitmotiv dans les instructions de course de ce 5ème Vendée Globe, c'est bien le mot « Sécurité ». Sécurité en amont de la course, bien sûr, avec notamment cette obligation faite à chaque concurrent de se présenter au départ dûment muni d'un certificat validant une formation à la survie en mer. Sécurité, nous en avons déjà parlé, dans la définition du « parcours », et sécurité embarquée, avec un équipement haut de gamme et sévèrement contrôlé, présent à bord de chaque monocoque. Premier impératif, les contacts avec la terre et donc le matériel de télécommunication. Sont obligatoires à bord, une VHF fixe, un téléphone satellite fixe de type Mini M ou Iridium, un Mini M de rechange et un récepteur radio BLU. A noter que le container de secours contient également un téléphone Iridium. La localisation d'un homme à la mer est longtemps restée une problématique sans réponse. Les coureurs du Vendée Globe partent désormais équipés d'une balise reliée à un goniomètre radio. La localisation du bateau s'effectue grâce au GPS et à la balise Inmarsat C du bord. Pour pallier à tout scénario « catastrophe » de type naufrage, les monocoques du Vendée Globe emportent désormais un arsenal complet destiné à multiplier les chances de survie du marin dans les zones les plus inhospitalières de la planète. Le radeau de survie à double fond gonflable est le premier élément de cette panoplie à laquelle s'ajoutent gilet et combinaison de survie intégrale à isolation thermique, contenant un GPS portable. Le solitaire en détresse aura préalablement actionné sa balise Cospas Sarsat reliée à une antenne amovible dépliable quelle que soit la position du bateau. Il dispose, à bord de son radeau, de VHF portables (dont une de fréquences avion) avec piles ou batteries de rechange, des marqueurs colorants, des bâtons lumineux, un feu flashlight, quatre fusées parachutes, de feux à main et de signaux fumigènes flottants. Couverture de survie et aliments énergétiques complètent le dispositif. Ainsi, et avec la trousse médicale complète concoctée par le Docteur Jean-Yves Chauve, les solitaires partent pourvus des dispositifs de sécurité les plus performants, fruits d'expériences passées et validés par coureurs et organisateurs.

Trois questions à : Michel Desjoyeaux, vainqueur du Vendée Globe 2000-01

Quel est votre avis sur le plateau ?
« Il y a un peu de tout au niveau du plateau. Il y a deux bateaux qui comptent le plus de tours du monde, à bord desquels on trouve les deux femmes inscrites (Anne Liardet (Roxy) et Karen Leibovici (Benefic). Il y a aussi beaucoup de bateaux qui ont été optimisés comme PRB (Vincent Riou). Et puis, face à eux, il y a deux bateaux nés cette année qui, malheureusement, ont très peu couru (Bonduelle et Sill et Véolia). Par contre, il y a sur ces bateaux deux marins d'exception qui connaissent très bien la course en solitaire (Jean Le Cam et Roland Jourdain). Le fait d'être sur des bateaux récents ne leur posera pas de problème... Enfin, il y a deux autres bateaux, un peu moins récents, qui ont prouvé un très fort potentiel (Ecover et Virbac-Paprec). Mais une chose est sûre : c'est le couple homme machine qui fera la différence ».

Que ressent-on à quelques heures du départ et quand on descend le chenal ?
« C'est un grand soulagement... Cela fait plusieurs années que l'on est sur cet objectif-là. On a passé 100% de notre temps et de notre énergie à préparer cette course. La famille n'y trouve pas forcément son compte, c'est sûr ! Maintenant, on est conditionné comme des compétiteurs. Ce moment-là est vécu comme une libération. On enclenche la première et il ne reste plus qu'à finir le travail ».

Est-ce une forme de liberté que de larguer les amarres ?
« Oui, c'est une forme de liberté que de partir. Pendant la course, on sait que l'on aura de compte à rendre à personne si ce n'est à soi-même. Les seules conneries qui seront faites seront de notre faute... Ce qui est fascinant, c'est que ces trois mois vont être un concentré de vie humaine et maritime, de soucis et d'expériences. Il n'y a pas d'autres solutions que d'avancer pour trouver les solutions aux éventuels problèmes que l'on risque de rencontrer. Il faut y aller... ».
Source : Mer & Média

Source : Mille et une vagues, Caroline Concetti
Photo: VIRBAC-PAPREC / SKIPPER : JEAN-PIERRE DICK (FRA) © BENOIT STICHELBAUT - SAEM Vendée - BENOIT STICHELBAUT
 
Pour en savoir plus : le site officiel de l'épreuve

 
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