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Trophée BPE Saint-Nazaire - Cienfuegos de Cuba : TROP PRESSE DE TOUCHER TERRE
le 25 Avril 2005
Nous sommes bien loin des 10 ou 11 noeuds de vitesse moyenne régulièrement établie par les marins du Trophée BPE depuis le départ de Saint-Nazaire ! Aujourd'hui, les plus rapides de la tête de flotte affichent moins de 3 noeuds sur 24 heures... Ce coup de frein général est tombé hier comme une sentence sur la tête de flotte favorisant un retour incroyable des poursuivants. Désormais les 10 premiers ne se tiennent plus qu'en 37 milles ! En raison d'une option trop audacieuse près des côtes, Charles a quant à lui perdu sa deuxième place au profit de Gildas Morvan. Il est troisième à 17,5 milles de Drouglazet, toujours leader et à 2,5 milles de Cercle Vert.
A bord de Bostik, Charles décrivait à la vacation une " mauvaise ambiance ". Le breton est passé près ... trop prés cette nuit de la pointe Sud-Est de Cuba et de ses montagnes avoisinant les 1 200 mètres d'altitude. Alors qu'il prévoyait de ne pas s'approcher à moins de 30 milles des côtes, il s'est retrouvé à 9 milles... Le piège s'est alors refermé comme un étau et le breton a dû lutter dans un vent quasi-inexistant. " C'est la gaffe de la semaine. C'est marqué dans tous les livres qu'il ne faut pas s'approcher de la côte ! " commentait-il ce matin. Une erreur pourtant difficile à éviter. " Au moment où j'ai décidé d'aller vers la côte, j'avais un vent de Sud. Donc pour aller vers le large, il aurait fallu que je fasse de l'Est ! ". Comprenez que Charles aurait dû accepter de faire quasiment demi tour pour se dégager de cette zone sans vent ! Une décision impossible à prendre pour l'un des grands animateurs de ce Trophée BPE et qui lui aurait fait rallonger franchement la route.
Mais au-delà de cette erreur, c'est le retour des poursuivants qui inquiète le skipper de Bostik. Certains progressaient à plus de 100 milles du tableau arrière de Drouglazet il y a 2 jours, ils sont désormais à moins de 40 milles ! C'est le cas de Marc Emig qui occupe aujourd'hui la 8ème place du classement général à 36 milles de Crédit Maritime.
On le voit l'entrée dans la Mer des Caraïbes marque aussi l'arrivée dans une zone météo particulièrement instable et par conséquent difficilement prévisible. Une situation qui laisse augurer, à moins de 400 milles de l'arrivée, de nouveaux revirements de situation dans les jours à venir. Pour Charles toujours décalé à la côte, l'espoir réside dans les phénomènes locaux et particulièrement le thermique de jour soit le vent généré par le différentiel de température entre l'air et l'eau. " Si je le touche avant les autres et qu'il vient renforcer un synoptique faible, cela peut m'être favorable " explique t-il. Rappelons que l'homme est habile et expert en matière de tactique dans le petit temps. Des situations similaires l'ont même parfois mené jusqu'à la victoire comme à Gijon en 2002 lors d'une arrivée d'étape " pétoleuse " sur la Solitaire du Figaro.
Extraits de l'interview de Charles ce matin :
" L'ambiance n'est pas bonne à bord. Il va falloir que j'essaye de récupérer mon erreur. Depuis quelques jours, c'est les autres qui reviennent par derrière. Et là, j'ai fait une erreur qui me coûte cher. Maintenant, je navigue à vue avec Gildas et Samantha. A mon avis, " Droug " est plutôt bien placé. Le problème, c'est que même en étant proches les uns des autres, nous n'avons pas du tout les mêmes conditions."
Source :
Effets Mer, Fabienne Morin
Pour en savoir plus :
Le site officiel de l'épreuve
Pour en savoir encore plus : Les caractéristiques du bateau
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